La presse en parle

[…] Quand la pièce fut jouée pour la première fois, en 1950, elle était une merveille de comique. Pure et simple. Chaque mot déclenchait le rire. C’était comme l’a dit Ionesco du « théâtre à vide ». Les acteurs, impavides, égrenaient les formules idiotes ou les monologues débiles, irrésistibles, d’une voix neutre, avec une qualité très pure, absente, décalée, de pince-sans-rire, qui faisait entendre le vide (si plein) du texte à nu. Nicolas Bataille avait réglé ce jeu à la perfection[…] Comment s’étonner que cette pièce soit jouée, chaque soir, dans le même petit théâtre, depuis un demi-siècle ?[...]
Michel Cournot, Le Monde, 20 octobre 2000

 

[…] Mrs Smith entra en scène pour annoncer qu’il était neuf heures tandis qu’une horloge derrière, faisait entendre les 17 coups. C’était en 1950. Il en est toujours ainsi, chaque soir, dans La Cantatrice Chauve d’Eugène Ionesco au Théâtre de La Huchette, une salle de 95 places à deux pas de la place Saint Michel à Paris. Ce monument de ce que l’auteur, qui n’aimait pas l’expression « théâtre de l’absurde », appelait « théâtre de dérision », a toujours son metteur en scène d’origine, Nicolas Bataille, et un des membres de la distribution initiale, Odette Barrois, qui joue la bonne. Tout d’abord financé par l’épouse de Ionesco, qui y laissa sa chemise. La Cantatrice Chauve fut représentée devant des salles vides, avant de devenir la pièce jouée le plus longtemps et le plus souvent dans le monde […]
Nicholas Powel, Financial Times, 09 octobre 2000

 

[…]Ce fut l’origine de cette anti-pièce qui devint une sorte de B-A BA de l’absurde. Ionesco avait cru avoir écrit « quelque chose comme la tragédie du langage ». Ce fut un succès comique. La pièce, créée au Théâtre des Noctambules en 1950, s’est jouée sans discontinuer depuis… La signification de La Cantatrice Chauve, nous a prévenu l’auteur, est de ne pas avoir de signification. Chez Ionesco, l’absurde naît fortuitement, le rire aussi, il ne faut pas trop s’éloigner des situations réelles dont il s’inspire. Pour déranger, il faut un sol. Ionesco est trop bien rêveur pour sombrer dans l’onirique[…]
Frédéric Ferney, Le Figaro, 20 Octobre 2000